Chefs à bord – l’aventure TV de Leila Martin

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Mon aventure télé »Chefs à bord »

2014 a été une année riche en aventures culinaires et en émotions. J’ai lancé mon blog en avril, imaginé cet été des recettes de tartes fines pour le Black & Wine, le superbe bar à vins strasbourgeois lancé par mon mari Jérôme ANNA en septembre, réalisé un cocktail pour l’inauguration de la boutique éphémère Jours Heureux, galerie Vivienne à Paris… Mais aussi et surtout, je suis sortie victorieuse du concours culinaire régional télévisé Chefs à bord diffusé par la chaîne Alsace 20 et organisé en partenariat avec les Etoiles d’Alsace, le Journal de Julien Binz et Croisieurope.

 

 

L’appel à candidatures

Quelle  fabuleuse expérience ! Jamais au grand jamais, je n’aurai imaginé aller au bout de l’aventure quand j’ai décidé de participer au casting fin avril. Il s’agissait alors de remplir un petit dossier et d’envoyer la recette et la photo de son millefeuille idéal à Alsace 20.

Je me souviens avoir eu vent de cet appel à candidatures l’avant-veille de la clôture et avoir écarté d’emblée la possibilité d’y participé, mon planning étant alors très chargé. C’est mon mari qui m’a vivement exhortée à revoir mes priorités et à prendre le temps de réaliser le millefeuille parfait demandé, sésame qui m’ouvrirait peut-être l’accès à ce concours.

Je me suis laissée convaincre et j’ai bien fait ! Merci à lui ! Mon dessert, que j’avais partagé avec vous ici, m’a permis de faire partie des 10 candidats retenus par le prestigieux jury de ce concours, Fernand Mischler, (ancien chef étoilé du Cheval Blanc à Lembach, ancien président des Etoiles d’Alsace et des Maitres Cuisiniers de France), Emile Jung (ancien chef étoilé du Crocodile à Strasbourg et ancien président de l’Association des Sommeliers d’Alsace), Alain Bohn chefs de cuisine exécutif chez Croisieurope et Jean-Louis Steffen, (ancien formateur au CEFPPA et président de la Fraternelle des Cuisiniers).

Millefeuille+tuiles+de+pistache,+compotée+de+rhubarbe,+crème+mousseline+à+la+vanille+et+fraises

 

La machine était lancée, j’allais me mesurer à d’autres cuisiniers amateurs et être évaluée par des professionnels connus et reconnus ! Deuxième étape de ce concours après l’envoi de ma candidature : l’affrontement des 10 candidats sélectionnés dans les locaux de Cuisine aptitude. Je me revois, un dimanche très matinal de juin, arpentant les rues désertes de Strasbourg, le cœur battant et hantée par une voix intérieure me soufflant de faire demi-tour. J’étais sacrément flippée ! Mon angoisse : être paralysée par le stress et me retrouver à court d’idées face au panier imposé que j’allais découvrir au moment de l’épreuve. L’idée de sortir victorieuse de cette étape ne m’effleure même pas. Je pense surtout à ne pas me discréditer en rendant copie blanche !

Le casting chez Cuisine aptitude

Arrivée dans les locaux de cuisine aptitude, je rencontre l’équipe d’Alsace 20 et les 9 autres candidats. L’ambiance est sympathique et décontractée. Mais la découverte de ce qui nous attend n’est pas faite pour nous rassurer. Les candidats vont devoir s’affronter en face à face, le sort décidant des battles qui se joueront devant les caméras. Chacun a donc une chance sur deux de se qualifier pour les demi-finales. Voilà qui fait monter d’emblée la pression ! Cerise sur le gâteau, c’est moi qui ouvre le bal face à Jonathan. Nous découvrons tous les deux le panier avec lequel nous devrons en découdre : blanc de poulet fermier d’Alsace, pleurotes, champignons de Paris, tomates, courgettes et aubergines. Lionel Augier, l’animateur vedette d’Alsace 20, lance le chrono. Et c’est parti pour 30 minutes de cuisine, face au jury et aux caméras qui scrutent le moindre de nos faits et gestes. 30 minutes : c’est peu pour convaincre le jury. Je choisis de faire simple et de privilégier la fraîcheur car la chaleur est écrasante ce jour-là : il fait bien 35°C dehors. Je découpe les aubergines et les courgettes en petits dés et les fais poêler avec une gousse d’ail écrasée et du romarin. J’incise mes blancs de poulet pour y insérer un peu d’estragon, je les fais dorer à la poêle et termine la cuisson au four. Quant tomates, je les coupe en petits morceaux et les fais revenir dans une poêle avec une échalote émincée. A partir de ce mélange, je réalise une sauce vierge qui viendra napper les blancs de poulet en ajoutant les champignons crus coupés en dés, de l’huile d’olive, du jus de citron de l’estragon et du persil.

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Verdict : mon plat a la préférence du jury et je reste dans la course pour les demi-finales qui auront lieu dans les cuisines de trois chefs alsaciens renommés. Je me réjouis de cette perspective, mais il n’empêche que j’ai un trac monstre ! Peur encore une fois, de tomber sur un produit que je ne maîtrise pas et de ne pas être à la hauteur du défi qui me sera lancé.

Ma demi-finale à l’Arbre vert à Berwiller

Le jour J à la fois tant redouté et attendu arrive. On me donne rendez-vous lundi 18 août à 9h dans la cuisine de Matthieu Koenig de l’Arbre Vert à Berwiller.  Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit et j’appréhende beaucoup l’épreuve. J’ai passé en revue tous les produits de saison susceptibles d’atterrir dans le panier imposé. J’en redoute certains que j’écarte d’emblée, comptant sur ma bonne étoile pour ne pas tomber dessus. Arrivée à Berwiller, je découvre la candidate qui sera face à moi. C’est Nadia que je vais devoir affronter…  Le jury lance le compte à rebours : nous avons 2h30 pour sortir 3 assiettes réalisées à partir de 3 produits imposés et d’un petit garde-manger mis à notre disposition. Mon cœur bat la chamade avant de découvrir le contenu des récipients posés sur chacun de nos postes de travail. Nadia et moi sommes invitées à faire un pas en avant. Je prends mon courage à deux mains pour affronter le contenu du panier imposé. Et là, effroi, terreur, malheur en soulevant le torchon qui recouvre le récipient posé juste devant moi.  Des bestioles grouillantes gesticulent dans tous les sens, sentant probablement venir leur fin prochaine. Une vision qui ne m’inspire rien de bon, si ce n’est le présage d’un grand moment de solitude…

 

Ecrevisses, sandre et épinards : ce sont les trois vedettes qui devront trôner dans nos assiettes à la fin de l’épreuve. J’imagine évidemment régler de sort des écrevisses en deux temps trois mouvements, c-à-d de les jeter dans l’eau bouillante sans autre forme de traitement. Mais le jury ne l’entend pas de la sorte. Fernand Mischler décide de nous montrer comment châtrer les pauvres bêtes, auxquelles il s’agit d’ôter un long boyau noir, en tordant puis arrachant le membre au bout de leur abdomen. Les condamnées se débattent autant qu’elles peuvent. L’une d’entre elles se jette sur moi pour se défendre et atterrit… sur le sol ! Une séquence dont l’équipe d’Alsace 20 n’a pas perdu une miette et a exploité autant que faire se peut au montage. Et franchement, je comprends car la scène est assez hilarante. Bref, l’épreuve est difficile : entre les écrevisses dont il faut se dépêtrer et le sandre à écailler… Le jury n’a pas été tendre avec nous !

Nadia choisit de cuire le sandre entier au four et mise sur une réalisation gourmande et généreuse. Pour ma part, je me lance dans une recette un peu plus technique avec un filet de sandre poêlée sur une mousseline de céleri, une tombée d’épinards, des girolles poelées et une tarte fine au pesto d’épinards et écrevisses. Nadia a l’air d’avancer sereine. Très vite, ses préparations embaument la cuisine, alors que de mon côté j’avance dans une mise en place assez longue et qui n’émet pas un soupçon de parfum. Les chefs du jury ne cessent de la complimenter sur les effluves prometteuses qui se répandent autour d’eux. Et j’avoue que pendant un moment, je perds  pied… Et si j’avais mis la barre trop haut et m’étais lancé un défi dont je ne suis pas à la hauteur ? Je suis à deux doigts de baisser les bras mais je parviens toutefois à me ressaisir et à me persuader que quoiqu’il arrive, je me dois d’aller au bout de mon idée et de présenter un plat abouti au jury. Et heureusement, car contre toute attente, c’est finalement mon assiette qui l’emporte !

 

 

écrevisses

 

Je sors de cette épreuve épuisée mais tellement heureuse de poursuivre l’aventure. La finale me tend les bras et cette fois, pas de panier imposé ! Je vais avoir le privilège de présenter au jury un plat « signature », représentatif de ma cuisine et de ma personnalité. Et cerise sur le gâteau, je vais être coachée par Matthieu Koenig, le chef qui a accueilli ma demi-finale. Je suis aux anges, car quand j’ai présenté ma candidature au concours Chefs à bord, je rêvais de vivre ce coaching. Pour moi, si je parvenais à me frayer un chemin jusqu’en finale, je serais déjà comblée. Sauf que, ce lundi 18 août, alors que ma participation à la finale est désormais acquise, je n’envisage désormais plus un seul instant de me contenter de participer. Et Matthieu Koenig, qui prend son rôle de coach très au sérieux, est dans le même état d’esprit. « Nous allons remporter cette finale », me lance-t-il serein et confiant ! Je me prends alors à rêver très sérieusement de gagner la 4ème saison de Chefs à bord et quand Cédric Schmitt, le réalisateur de Chefs à bord vient chez moi pour tourner mon portrait en septembre, je ne m’en cache pas face à la caméra.

 

 

Mon coaching avec le Chef Matthieu Koenig

Prochaine étape : présenter à mon coach le plat que j’imagine pour la finale. Mi-septembre, Cédric Schmitt, Matthieu Koenig et moi-même nous retrouvons au restaurant l’Arbre Vert à Berwiller pour filmer la séquence. Je n’ai pour l’instant pas du tout travaillé le plat que j’ai en tête, mais j’en ai une idée très précise. J’ai un seul plat pour convaincre le jury. Aussi, je veux qu’il soit à mon image, le fruit d’un mélange de cultures et représente mon attachement à l’Alsace comme au Maroc dont ma mère est originaire. Matthieu Koenig est d’emblée séduit par le plat que je lui décris et adhère à toutes les préparations que j’imagine mettre en œuvre. Je suis soulagée et ravie que ce chef de talent n’ait pas cherché à m’orienter vers d’autres choix  car je vais vraiment pouvoir m’exprimer à 100% dans les assiettes. Et c’est ce qui me plaît plus que tout dans la cuisine : raconter ma propre histoire. J’ai le soutien inconditionnel de mon coach qui nous voit déjà grimper sur la première marche du podium. Et voilà qui m’est tout-à-fait précieux et me donne une confiance que je n’ai jamais eue en ma cuisine ! Je ne remercierais jamais assez Matthieu Koenig qui a vraiment été un coach hors pair et m’a donné de vivre une très belle rencontre culinaire mais aussi humaine.

 

 

Mon planning est très chargé en octobre avec notamment l’organisation du cocktail JOURS HEUREUX qui, en plus du travail considérable en amont (mise au point des recettes, fiches techniques, logistique etc…) me mobilise toute une semaine durant à Paris. La finale approche à grands pas et je ne me suis toujours pas lancée dans la réalisation de mon plat. Je fais mon premier essai le dimanche 19 octobre. Matthieu Koenig est invité à dîner chez nous le soir pour déguster le plat. Nous sommes à J-6 de ma finale, prévue le vendredi 24 octobre à bord d’un bateau de Croisieurope. Mon mari, Matthieu et moi-même passons en revue les qualités et défauts du plat. Globalement, mon coach est très séduit mais nous relevons quelques imperfections sur lesquelles nous prévoyons de travailler le lendemain dans sa cuisine à Berwiller. Là, nous décidons de lancer le chrono pour que je me mette dans les conditions de l’épreuve en temps réel. Cette fois, le résultat est vraiment à la hauteur de mes attentes. Matthieu m’a notamment donné des directives précieuses pour réussir mes pastillas de foie gras aux fruits secs qui manquaient de croustillant la veille… et de foie gras qui avait trop fondu à la cuisson. Il me conseille de remplacer les feuilles de brick par des feuilles filos et de poêler le foie gras avant d’en garnir les pastillas. Et je termine une bonne dizaine de minutes en avance !

Le Jour J arrive enfin. Je me sens à la fois sereine et inquiète, car je sais que je ne suis pas à l’abri d’un faux pas et qu’avec le stress du concours et la présence des caméras, rien n’est joué d’avance. Si au début, tout se passe comme je l’ai prévu et j’imagine avoir tout mon temps pour dresser et peut-être même prendre de l’avance sur le chrono, une petite erreur d’assaisonnement vient perturber toute mon organisation et les imprévus s’enchaînent : mousseline de carotte trop poivrée que je dois recommencer, magret de canard trop saignant que je dois remettre en cuisson, grosse brûlure sur l’avant-bras…. Bref, je termine sur le fil, saisie d’un tremblement tel que le dressage devient une véritable épreuve de force et je n’ai pas le temps de mettre la fleur de sel que je jugeais indispensable pour donner du peps à mon plat. C’est à la fois soulagée d’avoir été malgré tout à bout de l’épreuve et pleine de doutes que je présente mon plat au jury, le canard de Strasbourg à Marrakech : magret de canard d’Alsace, pastilla de foie gras comme un berrawecka, taboulé de boulgour et fruits secs, mousseline de carottes au cumin et sauce au pinot noir.

 

 

 

Les dés en sont jetés. Je ne sais pas si mon plat a séduit le jury. Mon coach qui a pu rentrer pendant 5 minutes en cuisine pendant l’épreuve pour me conseiller est fier de ma réalisation. Il est confiant ! Mais, à cette heure, je n’ai aucune idée de ce qu’on fait les autres candidats, Elodie et Mickaël. J’ai un trac fou et la journée qui me sépare de l’annonce des résultats va être longue, très longue.

 

 

Je l’ai fait : j’ai remporté la 4ème saison du concours Chefs à bord et je n’en reviens toujours pas. Cette expérience a vraiment été fabuleuse et j’en ressors grandie ! Mon goût et mon envie de cuisine sont plus forts que jamais. J’ai acquis un peu plus de confiance dans mes aptitudes culinaires, qui ont été reconnues et validées par un jury de grands chefs et j’ose aujourd’hui, plus encore qu’hier, envisager mon avenir professionnel en cuisine. Quoiqu’il en soit, quoique j’entreprenne demain, le concours Chefs à bord restera, sinon un tremplin, le souvenir d’une très belle aventure humaine. Aussi, je tiens à remercier tous ceux qui de près ou de loin m’ont accompagnée dans cette aventure : à commencer par mon mari Jérôme, sans lequel je n’aurai probablement pas envoyé ma candidature, milles mercis évidemment à mon coach Matthieu Koenig qui a pris son rôle très à cœur et m’a merveilleusement bien guidée jusqu’à la finale, merci aux membres du jury qui ont jugé les plats des candidats avec bienveillance, merci à mes parents et amis qui m’ont encouragée et soutenue jusqu’au bout de l’aventure, merci à Croisieurope qui m’a offert pour récompense une superbe croisière à Venise et enfin un très grand merci à Alsace 20 et sa sympathique équipe qui m’ont offert de vivre cette aventure culinaire et humaine dans des conditions idéales !

 

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