Le Bettelmann aux cerises de Sarah Eddy

photo de l'auteur, compositeur et interprète alsacienne Sarah Eddy

Comment débuter cet article ? Me voilà prostrée devant une page blanche qui me semble bien trop étriquée pour contenir ce que j’aimerais vous raconter de Sarah Eddy. Il est des rencontres indicibles, qui vous emmènent bien plus loin que vous ne l’avez imaginé, dans un monde où les mots sont insuffisants pour dire l’intensité du moment.

photo de l'auteur, compositeur et interprète alsacienne Sarah Eddy

Sarah Eddy m’a d’emblée happée dans cet abîme d’émotions duquel on ne revient plus tout-à-fait le même. J’ai rendez-vous chez elle, dans sa jolie maison située dans la campagne savernoise, une après-midi de juin. C’est la première fois que nous nous rencontrons. Dans la vraie vie. Avec les réseaux sociaux, on connait désormais des gens que l’on n’a jamais vu. Ou du moins pense-t-on les deviner derrière les images et les mots qu’ils partagent. J’avais l’intuition depuis un moment que Sarah et moi aurions matière à nous entendre. J’imaginais d’ailleurs la solliciter pour le blog, un bon prétexte pour passer du virtuel au réel et nouer des liens avec cette fille à la fois intrigante et inspirante. Et puis le temps file, on pare au plus urgent et on remet à demain, puis à après-demain. Un jour, on finit par ne plus y penser. Ironie du sort, c’est finalement Sarah qui est à l’origine de notre entrevue. Elle me sollicite pour participer à son projet photographique « être femme ». Je me sens flattée, un peu court-circuitée aussi… J’ose lui demander si elle est d’accord pour faire d’une pierre deux coups. Et voilà comment je me retrouve dans son jardin une après-midi de juin à parler de son Bettelmann aux cerises.

Sarah Eddy, une artiste aux multiples facettes   

Mais pas que… Qui est vraiment Sarah Eddy ? C’est ce qui m’intrigue plus encore que l’authentique recette du fameux mendiant alsacien qu’elle me dit détenir de sa maman. Je sais que Sarah Eddy est une artiste complète. Auteur, compositeur, interprète depuis plus de 15 ans, mais aussi, plus récemment, connue et reconnue pour ses talents de photographe. Ce que je découvre « en la cuisinant », ne fait que confirmer mon intuition. Cette fille-là est d’une densité rare, profondément présente à elle-même comme aux autres. Il semblerait d’ailleurs qu’elle ne sache pas vivre autrement que dans l’intensité. Avec 7 albums à son actif, des centaines de concerts qui l’ont emmenée pendant des années de tournée en tournée à travers l’Europe et même au Québec, de nombreuses collaborations avec des artistes auxquels elle prête tantôt sa voix, tantôt sa plume, elle trouve encore le temps de faire de la radio, de monter des spectacles, d’organiser des concerts ou encore de peindre à ses heures perdues. Et pourtant, malgré toute cette énergie déployée, elle semble parvenir à ne jamais se disperser.

Sarah Eddy fait sans aucun doute partie de ces gens qui vont au bout de leur être et de leurs rêves, traçant leur chemin sans détour, ni compromis, dans une quête de vérité et de sens si naturelle et évidente qu’ils en font le fil rouge de leur existence sans même avoir besoin de le revendiquer.  Ainsi quand en 2012, ses longues promenades méditatives sur le mont Basberg font naître en elle l’envie de se mettre plus sérieusement à la photo, qu’à cela ne tienne, elle se lance dans cette activité à fond. Depuis, la photographie est devenue pour elle un moyen d’expression tout aussi vital que la musique ou l’écriture. Et Sarah s’y adonne passionnément.

Des émotions  à l’état pur

Avec sa sensibilité à fleur de peau, elle s’évertue à révéler la beauté et la poésie du monde, invite à la contemplation ou nous bouscule quand il s’agit de faire prendre conscience des moments où ce monde ne tourne pas assez rond. Car Sarah Eddy est aussi une artiste engagée. Elle n’hésite pas à monter au créneau quand il s’agit par exemple de défendre la cause animale, ce qu’elle fait avec sa série de photos « je ne te quitterai pas d’un poil » !

Entière et authentique, Sarah Eddy l’est assurément.  Voilà pourquoi sa voix, ses textes, ses mélodies, ses images nous vont droit au cœur. Même le Bettelmann qu’elle a gentiment préparé pour le blog, touche lui aussi mes papilles de plein fouet. Car comme pour tout ce qu’elle entreprend, Sarah y a mis toute son âme et sa générosité. Et ce d’autant plus, que la cuisine est pour elle une sorte de méditation qui la rapproche de sa maman aujourd’hui disparue. « Quand je cuisine, je pense tout le temps à elle, me confie-t-elle. Elle est avec moi ! »

Ce Bettelmann lui tient tout particulièrement à cœur, car il fait partie des authentiques recettes alsaciennes qui lui ont été léguées par sa maman dans un carnet rédigé à la main spécialement pour elle. En partageant avec nous cette recette, Sarah Eddy, nous offre plus que des dosages ou une marche à suivre mais un peu de son histoire, de son intimité et de ses émotions. Car elle est ainsi, Sarah Eddy ! Elle donne sans compter. Elle donne comme elle est. Intensément !

 Pour suivre Sarah Eddy :
www.saraheddy.com
https://www.facebook.com/AuCoinDesYeuxPhotographie/?fref=ts


Quelques questions pour cuisiner… Sarah Eddy

1/ Quel est ton addiction ou péché alimentaire le plus inavouable ?
J’adore manger du camembert avec de la confiture !

2/ Ta pire aversion alimentaire ?
Mis à part le poivron et encore j’arrive à le tolérer s’il est présent en toute petite quantité dans un plat, pas grand chose. Ah si peut-être le riz au lait… Mais c’est peut-être parce que je n’en ai jamais mangé de bon.

3/ Ton plat alsacien fétiche ?
Les grumbeerekiechle. Un délice avec une bonne salade ! Ou encore mieux avec une tranche de saumon fumé.

4/ Ton resto alsacien préféré
J’aime beaucoup aller au Petit Kochersberg à Willgotheim. L’accueil est super sympa et on y déguste une excellente cuisine traditionnelle alsacienne.

5/Tes bons plans shopping culinaire en Alsace
Bien évidemment, les liqueurs et schnaps de mon beau-père le distillateur, André Mersiol à Dambach la ville !
Sinon, j’aime bien faire mes courses à Hanau fruits à Bouxwiller, un petit commerce ouvert seulement les vendredis et samedis qui propose exclusivement des produits bio du terroir : fruits et légumes, fromages de chèvre, épices, pain frais…


La recette du Bettelmann aux cerises de Sarah Eddy

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  • Environ 250g de pain ou brioche rassis
  • Une belle poignée de cerises (environ 400 g)
  • ½ litre de lait (ou lait d’amandes)
  • 3 œufs
  • 2 c à s bombées de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 50g d’amandes effilées ou en poudre
  • 2 c à s de raisins secs trempés dans du schnaps
  • chapelure
  • beurre

Faites tremper le pain rassis dans le lait jusqu’à ce qu’il ramollisse. Si vos restes de pain ou brioches sont très secs, n’hésitez pas à faire bouillir le lait auparavant et à le verser encore très chaud. Ecrasez le pain ramolli à la fourchette. Ajoutez les œufs, le sucre, les amandes effilées. Mélangez pour obtenir une pâte homogène. Ajoutez les raisins secs et les cerises entières. Mélangez une nouvelle fois.

Beurrez et farinez un moule. Versez la pâte dedans. Saupoudrez de chapelure et parsemez quelques noisettes de beurre.

Enfournez pour environ une heure de cuisson à 180°C.  Vérifiez la cuisson en plantant la lame d’un couteau au cœur du gâteau. Elle doit ressortir sèche.

4 Discussion to this post

  1. Nadine dit :

    Le bettelmann typiquement alsacien a toujours sévi dans la famille alsacienne depuis 400 ans .. mais exclusivement avec des cerises noires , ma mère grimperait aux rideaux si les cerises sont claires ! par ailleurs elle n’y a jamais mis de raisins secs et pour lui donner de la couleur quelques cerises bien mûres sont écrasées et les autres entières; pour le reste c’est pareil – on peut éventuellement remplacer les amandes par des noix concassées. La recette servait surtout à recycler les restes de pain , de brioche ou de kouglof , on ne perdait rien, surtout après guerre où ils avaient manqué de tout

    • Les recettes évoluent au fil du temps et les familles ont chacune leur interprétation des spécialités héritées des générations antérieures. C’est ce qui fait la richesse de la tradition culinaire régionale ! Vous avez raison de le souligner le bettelmann est une superbe recette anti-gaspi imaginée par nos ingénieuses grands-mères. Et merci de partager votre version du Bettelmann !

  2. Sarah Eddy dit :

    Chère Nadine,
    Justement ce jour là, je n’avais que des cerises claires que je ne voulais pas gaspiller… Bien à vous et bon appétit !

  3. Valérie dit :

    Et bien chez nous le battelmann c’est uniquement avec des sürkerscha, le contraire est hérésie! Comme quoi à chacun sa recette 😉

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